Le calendrier solaire : genèse et consécration

De tous les calendriers mis au point par l’homme, le calendrier solaire est celui qui s’est imposé au monde entier. Cette primauté a toutefois mis du temps à s’installer. En effet, le calendrier lunaire est plus facile à mettre en place que le solaire. Cela est dû au fait que les cycles de la lune sont plus courts et donc plus faciles à compter que ceux du soleil. Mais quel est le premier calendrier solaire connu ? Combien de calendriers solaires ont-ils existé et combien en existe-t-il encore ? Les réponses, nous vous les apportons ici et maintenant.

La naissance dans l’Egypte antique

C’est à la civilisation du Nil et des pyramides que l’on attribue la création du premier calendrier solaire. Forts de leur connaissance en astronomie et en mathématique, les savants de l’Egypte antique avaient estimé l’année tropicale à 365 jours, et réparti ceux-ci sur 12 mois de 30 jours, plus 5 jours supplémentaires. La légère marge d’erreur amenait inévitablement le calendrier à se décaler par rapport à la course de la Terre autour du soleil. Il était alors régulièrement réajusté sur le levée héliaque de l’étoile Sirius. Ce calendrier était une réussite, puisqu’il a été utilisé pendant près de 4500 ans.

Ce calendrier a donc été le précurseur des calendriers solaires, qui ont peu à peu remplacé les calendriers lunaires.

Le cousin d’outre-atlantique : le calendrier Maya

calendrier maya

La civilisation Maya avait également confectionné un calendrier solaire pour découper et ordonner le temps. Les mayas utilisèrent conjointement en fait deux types de calendriers : un "almanach sacré" dit calendrier Tzolkin ou "calendrier rituel" essentiellement utilisé a des fins divinatoires. Le deuxième appelé "calendrier Haab" ou "calendrier civil" était un calendrier de type solaire réservé à l'usage agricole. Bien qu’il n'eut pas prévu les années post 2012, il forge encore l’admiration d'autant plus qu'ils avaient déjà le chiffre zéro alors qu'il aura fallu que l'Occident attende le XVIè siècle pour en hériter des arabes.
Ce calendrier dont seules quelques bribes nous sont parvenues est à la fois prophétiques et énigmatique : les mayas auraient prédit la fin du monde pour le 21 décembre 2012. L'apocalypse n'ayant pas eu lieu certains disent qu'ils se sont trompés d'autres affirment qu'à partir de cette date, nous récolterons ce que nous avons semé.

Le calendrier grégorien : Du modèle romain à l’assimilation chrétienne

Le calendrier qui s’est répandu sur la quasi-totalité du globe est celui que vous utilisez au quotidien. C’est un calendrier solaire qui nous vient de la Rome antique, bien qu’il ait subi une modification au XVIè siècle.

Le calendrier républicain : Une imitation du calendrier de l’Egypte antique

Véritable bouleversement de la société, la révolution française a non seulement entendu supprimer les privilèges de la noblesse et instaurer un État républicain, mais elle a également souhaité saper l’autorité religieuse en place, au profit d’une "religion" républicaine. L’un des moyens de cette lutte contre le religieux a été l’adoption d’un “nouveau” calendrier. L’objectif était de déconnecter les citoyens des fêtes religieuses chrétienne et du dimanche, en instaurant de nouvelles dates pour des fêtes républicaines.

Un calendrier basé sur Bouddha et un traité d’astronomie

En Asie du Sud-est, le calendrier bouddhiste est en vigueur depuis de nombreux siècles, mais il cohabite aujourd’hui avec le calendrier grégorien. Le premier est luni-solaire, il commence avec Bouddha et est basé sur l’astronomie, le second est solaire. Comme quasiment tous les calendriers luni-solaires, celui des bouddhistes est calqué sur les lunaisons.

bouddhiste

Le calcul des évènements bouddhistes

Le calendrier bouddhiste date du IIIe siècle, mais il démarre plusieurs centaines d’années avant cela. Le tout premier jour correspond au parinirvâna de Bouddha, c’est-à-dire son accession au nirvana après son décès, en 543 avant Jésus-Christ. Ce calendrier, tout comme le calendrier hindou, est calculé selon le traité d’astronomie Surya Siddhanta, du Mahamuni Mayan. La date des rites, fêtes religieuses et conjonctions astronomiques est ainsi fixée, avec une estimation assez précise de l’entrée du soleil dans les différents rasis, ou signes du zodiaque.

Un héritage bouddhiste qui perdure toujours

De nos jours, le calendrier bouddhiste est encore utilisé au Sri Lanka et en Asie du Sud-est, notamment la Thaïlande, la Birmanie, le Laos et le Cambodge. Il y côtoie le calendrier grégorien, plus largement répandu et compris de tous. Les années sont indiquées selon le calendrier bouddhiste pour un usage traditionnel ou bien en guise de spécificité culturelle. Du fait du décalage entre le premier jour bouddhiste et le premier jour grégorien, les dates indiquées peuvent surprendre les personnes qui ne sont pas au fait de cette différence. Ainsi, l’année 2015 de notre calendrier correspond à l’année 2558 pour les bouddhistes.

 Le traité d’astronomie est toujours utilisé

Les éditeurs d’almanachs les plus conservateurs continuent à calculer les différentes dates d’après le traité Surya Siddhanta. Ainsi, les dates des évènements religieux, culturels et astronomiques y figurent selon le calendrier bouddhiste. Chaque pays en fait sa propre adaptation en fonction de son histoire et de ses traditions.

Les francs-maçons déterminent la date selon leur « Anno Lucis »

Parmi les calendriers solaires se classe le calendrier maçonnique, s’inspirant à la fois des calendriers grégorien et julien, tout en se détachant du calendrier universel utilisé par la plupart des pays aujourd’hui. Si les dates prennent comme point de départ la naissance du Christ, tel n’est pas le cas pour les francs-maçons qui s’appuient sur leur « Anno Lucis », « Année de la Vraie Lumière ».

franc maçon

L’établissement du calendrier maçonnique remonterait au début du XVIIe siècle

L’apparition des premières loges maçonniques, distinctes des corporations classiques de maçons du Moyen-Âge, daterait du XVIIe siècle en Écosse. Mais la franc-maçonnerie revendique une origine plus ancienne et plus légendaire, remontant traditionnellement à l’époque de la construction du Temple de Salomon, et donc aux origines de l’art de bâtir. Le calendrier chrétien, fondé sur la naissance de Jésus, est donc rejeté pour être remplacé par un calendrier propre, préconisé par le pasteur Anderson dès 1723. Ce calendrier s’appuie sur les calculs d’un prélat anglican de Dublin, James Usher, qui instituait l’année 4004 avant J.C., date de la création du monde, selon la Génèse. Cette année originelle est appelée « Année de la Vraie Lumière », « Anno Lucis » en latin. Le calcul de l’année se fait donc en ajoutant 4004 ou 4000 ans à la date du calendrier grégorien adopté presque universellement. Mais là aussi, les pratiques varient selon les obédiences.

Un calendrier détaché du religieux et symbole de l’universalité maçonnique

Telle était la volonté des premiers francs-maçons. Mais force est de constater que « découper le temps » est affaire de conventions, tant les calendriers Le calendrier maçonnique adopte une division de l’année typiquement grégorienne dans sa longueur. Néanmoins, le premier jour de l’année est le 1er mars, survivance du calendrier julien. Ce qui explique d’ailleurs que les noms de certains mois ne correspondent pas à leur « numéro » grégorien. Ainsi, septembre est le 7e mois de l’année chez les Romains, mais le neuvième du calendrier grégorien ! Le calendrier maçonnique contourne ces problèmes en adoptant le numéro ordinal du mois désigné. Ainsi, le 22 août 2020 correspond au 22e jour du 6e mois de l’an 6020 de Vraie Lumière.

L’« Anno Lucis » des francs-maçons en question : une date universelle ?

Sur quels fondements repose la détermination de « l’Année de la Vraie Vie » ? Il semblerait que bien des traditions antérieures aux calculs de Usher, héritées du néolithique, posent cette date comme celle de la création du monde. Quant à la science…


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