“Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais la lune ne le sait pas”

Trois types de calendriers co-existent, les calendriers lunaires, solaires et… luni-solaires ! Ces derniers mêlent cycles de la lune et du soleil. Les 12 mois lunaires ne correspondant pas à l’année solaire. Différentes méthodes ont vu le jour afin d’harmoniser ces deux cycles. Après vous avoir présenté brièvement leur mode de fonctionnement, nous vous présenterons quelques-uns des calendriers luni-solaires existant ou ayant existé.

Lune Soleil Terre

Le calendrier luni-solaire : comment ça marche ?

Les calendriers luni-solaires découpent l’année solaire en 12 mois lunaires. Les 12 mois lunaires de 29,5 jours chacun ne forme toutefois qu’un cycle de 354 jours. Afin de faire correspondre les 12 mois lunaires à l’année solaire de 365 jours, différentes méthodes visant à intégrer les journées manquantes existent. Voici les différentes possibilités, de la moins précise à la plus précise.

Première possibilité, ajouter un mois intercalaire tous les deux ans. Deuxième possibilité, ajouter un mois intercalaires tous les trois ans. Troisième possibilité, intégrer trois mois intercalaires tous les huit ans. Quatrième possibilité, ajouter quatre mois intercalaires tous les onze ans. Enfin la dernière possibilité consiste à ajouter sept mois intercalaires tous les dix-neuf ans.

Les principaux calendriers luni-solaires de l’histoire

Cette liste non exhaustive présente les principaux calendriers luni-solaires encore usités : 

Calendrier du tibet : Un cycle de 744 mois sur 60 années pour conjuguer lune et soleil

Le calendrier utilisé aujourd’hui par les Tibétains est officiellement entré en vigueur en 1027. Il fonctionne selon le système luni-solaire, qui prend en compte les cycles à la fois solaire et lunaire. Ce système implique quelques arrangements sur les mois afin de pallier la différence de course entre le soleil et la lune au cours d’une année.

tibet

Pas de siècles dans le calendrier tibétain

Le calendrier tibétain fonctionne par cycles de soixante ans en lieu et place des siècles du calendrier grégorien. Une année tibétaine démarre lorsque le soleil entre dans la constellation du bélier, ce qui correspond au mois de février ou mars. Les années prennent le nom de douze animaux différents, complétés par cinq noms d’éléments, afin d’atteindre les soixante ans. Ainsi, le cycle démarre l’année du lièvre de feu et se termine l’année du tigre de bois. Les années comportent douze mois. Cependant, afin de faire correspondre le cycle lunaire au cycle solaire, tous les trente mois un mois supplémentaire est ajouté. Il prend le nom de celui qui le précède.

Un rythme luni-solaire qui implique quelques arrangements

Les mois sont appelés « lunaisons ». Elles commencent avec la nouvelle lune et durent 30 jours. La lunaison doit impérativement se terminer sur le jour portant le numéro 30. Ainsi, pour ajuster le mois sur le cycle lunaire de 29,53 jours, il existe des jours « doublés » et des jours « sautés ». Le jour doublé porte le numéro du jour précédent. Les lunaisons ne portent pas de nom, elles sont désignées par un numéro entre 1 et 12. Les semaines débutent le dimanche et comportent sept jours, dont les noms sont inspirés d’objets célestes, comme dans le calendrier chrétien.

Des prénoms indémodables au fil des années

Les enfants nés un dimanche, un lundi, un mercredi ou un vendredi reçoivent fréquemment pour nom celui qui correspond au jour de naissance. Ainsi, on croisera respectivement des Nyima (soleil), Dawa (lune), Lhakpa (Mercure) et Pasang (Vénus). Cette même tradition se retrouve avec ses formes dérivées en Mongolie.

Avant le passage au cycle solaire, l’Huryaku rythmait la vie du Japon

Du VIe siècle jusqu’en 1872, les Japonais utilisaient le calendrier Huryaku, mis au point par Abe Yasukuni, Shibukawa Kukyu et Nishiyama Seikyu, avec pour référence le calendrier luni-solaire chinois. C’est ensuite le calendrier grégorien (donc solaire) occidental qui a été adopté et qui est encore utilisé aujourd’hui. En 1876, janvier est devenu officiellement le premier mois de l’année au Japon.

japon

Une touche nippone au calendrier occidental

Bien que les Japonais utilisent le calendrier grégorien, le système garde son originalité, notamment en ce qui concerne les années. Tout d’abord, l’ordre de lecture est inversé par rapport aux habitudes européennes : l’année vient en premier, puis le mois et le jour. De plus, sur de nombreux documents, dont tous les officiels, les années sont décomptées selon l’ère de l’empereur en fonction. Ainsi, 2015 correspond à l’année 27 de l’ère Heisei, l’empereur Akihitorégnant depuis 1989. À la mort de l’empereur, le compteur recommence à 1.

Quelques notions calendaires de japonais

En ce qui concerne les mois et les semaines, le calendrier japonais est découpé comme le grégorien, en douze mois d’une trentaine de jours, mais la semaine commence le dimanche. Le nom des mois est composé du chiffre auquel on accole le suffixe « gatsu ». Par exemple, janvier est le mois no 1, donc itchi, ce qui donne « itchi-gatsu ». On peut aussi parfois trouver le nom traditionnel hérité du calendrier Huryaku, dans un style plus littéraire. Les jours de la semaine ont chacun leur nom propre. Quant aux différents jours du mois, la plupart sont formés du numéro du jour avec le suffixe « nichi », mais il existe plusieurs noms irréguliers.

L’adaptation au cycle solaire

Le passage du système luni-solaire au cycle solaire a posé quelques soucis de compatibilité, en plus de fixer le premier mois de l’année à janvier. Ainsi, la date de certaines fêtes traditionnelles était en avance de trois à sept semaines. Afin de remédier à cela, le gouvernement a mis en place des compromis sous le nom de tsuki-okure (délai d’un mois) et Chureki (calendrier éclectique). Ces dispositions permettent de décaler les célébrations séculaires afin qu’elles trouvent leur place dans le calendrier grégorien.

D'autres calendriers 

Le calendrier hindou

Ayant vu le jour il y a près de 5000 ans, le calendrier hindou compte parmi les plus vieux calendriers luni-solaires du monde.

Le calendrier hébraïque

Nous sommes en plein cinquième millénaire… selon le calendrier hébraïque ! L’année 2014 du calendrier grégorien correspond en effet à l’an 5775 du calendrier hébraïque auquel se réfèrent les juifs.

Le calendrier chinois

Trois calendriers co-existent en Chine : un calendrier officiel et deux calendriers traditionnels. Le calendrier officiel est le calendrier grégorien. Des deux calendriers traditionnels, l’un est solaire, l’autre est luni-solaire, découvrez notre page sur le calendrier luni-solaire chinois via le lien ci-dessus.

Le calendrier samaritains

 

 


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